« Lundi 16 Avril 2018, 7h du matin, la pluie déferle dans les rues de Boston… »

FREQUENCE Running a suivi de près la performance de notre marathonien de l’équipe aux Etats-Unis le mois dernier ! Une superbe expérience pour lui du haut de ses 40 ans, malgré les conditions météorologiques laissant à désirer !

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Jean-Baptiste, finisher du 122e Marathon de Boston

Les impressions au réveil…

Lundi 16 Avril 2018, 7h du matin, la pluie déferle dans les rues de Boston…

En regardant à travers la vitre de ma chambre d’hôtel, je comprends vite que le cadeau d’anniversaire qu’on m’a offert pour mes 40 ans n’est qu’un de ces nouveaux challenges à honorer : celui de braver dans le froid, le vent et la pluie les 42 kilomètres vallonnés du marathon le plus vieux des États-Unis. Il fait 4 degrés dehors. Taux d’humidité 100%. Voici mon histoire…

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La vue de la chambre d’hôtel au réveil…

Le premier marathon dans le marathon : l’attente

8h du matin, après avoir ingurgité avec peine une partie de mon gâteau sport (je n’ai pas faim), je sors de l’hôtel pour rejoindre à 15min à pieds les bus scolaires. Ils emmèneront tous les coureurs au départ de la course dans la banlieue de Boston, à 35km du centre ville. Des coureurs attendent sous le parvis des hôtels en espérant que la pluie cesse, c’est mal barré 😉

Pour rester au chaud, j’ai prévu 2 T-Shirts par dessus mon débardeur FREQUENCE Runner ainsi que mon K-way bleu. Je compte les donner aux associations caritatives juste avant le départ. J’ai des manchons sur les bras et un bonnet technique mais pas de gants (une erreur ? peut-être)

Mon départ a lieu à 11h15. Faute de pouvoir changer de sas, je suis de la dernière vague, Wave 4, Corral 7 pour les connaisseurs.

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Les bus qui emmèneront les coureurs pour le départ

À la rencontre des autres participants

J’attends 20min avant de monter dans un bus. J’ai déjà froid. Une fois à l’intérieur, la bonne humeur est là, ça parle dans toutes les langues, on est au chaud et j’en profite pour avaler une part restante de mon gâteau sport.

Arrivé au village départ, l’attente est encore longue. Depuis la veille, la neige s’est mélangée à la boue autour des bâches et des grandes tentes installées pour protéger les coureurs.

« It’s incredible ! » balance un coureur hilare rentrant à l’intérieur de cet espace rempli de coureurs entassés les uns contre les autres, échappant ainsi à la pluie grêlante. Ce que je vois est irréel, plein de paires de chaussures laissées a l’abandon au milieu des coureurs assis hagards, des vêtements partout. Je préfère aller aux toilettes à l’extérieur mais c’est pas mieux, attendre mon tour 30 minutes sur une pelouse marécageuse ne fait qu’accentuer mon malaise. Je grelotte sévère…

10h45, mon premier marathon « d’attente » est quasiment terminé, je commence à rejoindre le départ à 1 mile de là. J’enfourche des dizaines de mètres de mares d’eau en m’agrippant à un grillage pour rejoindre la route, suivant sagement la foule des coureurs, galvanisée par les paroles du speaker « You will do it »…

J’ai les pieds trempés et gelés, je n’ai qu’une seule envie, courir pour me réchauffer… Sans m’en rendre compte, j’arrive à 5 mètres de la ligne de départ, une simple bande au sol. Je laisse mon surplus de vêtements dans un sac tenu par un volontaire que je remercie et puis c’est parti !

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Le départ est donné pour JB. Il s’élance en direction de Boston !

11h00 – Départ du 122e Marathon de Boston

J’en oublie le froid et je claque façon joueur de NBA un par un les mains de 5 gaillards en costard noir/noeuds de papillons qui m’encouragent : « Come on FREQUENCE Runner ! Nice pace ! »

Je fais les 5 premiers kilomètres comme un échauffement. La stratégie ensuite est de tenir le 4’15/4’20 au kilo le plus longtemps possible. J’espère finir en moins de 3h sans trop y croire.

Je passe mon temps à doubler. Aux ravitaillements, l’eau dans les gobelets est froide, alors j’essaie de la réchauffer en la remuant dans ma bouche un maximum de temps avant de l’engloutir.

Vue ma fragilité gastrique, je préfère m’abstenir de gel et ne boire que de l’eau ainsi que la boisson énergétique que je tiens à la main dans une petite bouteille.

15ème kilomètre, je suis pas trop mal mais arrivé au semi, j’ai des douleurs d’estomac. Je comprend vite que j’ai trop dosé mon malto ! Je ralentis et me dis que j’attendrai le prochain ravitaillement pour m’arrêter et re-diluer ma boisson avec de l’eau.

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Dans les moments les plus dures, JB pensera à ses plus fidèles supportrices !

J’ai déjà perdu de longues minutes sur mon plan de marche, alors c’est décidé, je ne consulterai plus ma montre jusqu’à l’arrivée. Je ne pense qu’à retrouver ma femme et ma fille qui m’encouragent dans mes pensées.

Les difficultés du parcours et une météo (très) capricieuse

Entre temps, c’est un numéro d’équilibriste pour éviter les flaques d’eau et zigzaguer, ralentir au milieu des coureurs tout en se prenant de temps à autre de bonnes bourrasques de vent !

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A l’image, les conditions météorologiques hors normes !

Le parcours n’est pas des plus faciles, c’est vallonné mais ce n’est pas monotone. En haut d’une côte, un vieux bonhomme et son chapeau enguirlandé fait de l’auto-stop sur le bas côté en tenant une pancarte « North Pole » !

Quelques instants plus tard, dans une descente, une coureuse dépanne un coureur en chaise roulante coincé contre une barrière. On est tous dans la même galère, mais personne n’abandonne ! On s’entraide.
Je compte en miles, ça passe plus vite, 17ème, 18ème, 19ème, je double un Super Heroe !

Longue côte vers le 20ème mile, ça crie et la sono nous encourage de partout ! Certains marchent mais tout le monde avance !

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Un passage de côte difficile à négocier pour JB

La dernière ligne droite…

Passé le 35ème kilomètre, le plus long est fait mais les forces me manquent. Je paie certainement mon absence de ravitaillement et l’attente dans le froid.

J’ai les 2 mollets qui commencent à tirer fortement mais ça va tenir. Comme la plupart des coureurs déterminés autour de moi, j’ai une paire d’Adidas Boston aux pieds.

Malgré la fatigue, les 3 derniers miles passent vite. Tous ces gens pour nous encourager, c’est incroyable . « You did it ! You did it ! »

Dernier mile, ils nous envoient la musique de Rocky, une nana devant moi mime des gestes de boxe devant les passants amusés… dernier round avant de finir au tapis. Je m’accroche, je finirai pas KO !

Je passe sous un pont puis, crochet à droite, je vois tout au bout l’arche de la délivrance. J’arrive à accélérer, je veux en terminer. J’ai du mal à respirer et à contenir mon émotion… Je franchis la ligne en 3h13, soulagé et lessivé.

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JB passe la ligne d’arrivée en 3h13 !

Fatigue, joie et fierté : un mélange des sentiments

10 minutes plus tard, je retrouve ma petite famille et Ivy, notre amie franco-américaine qui nous a fait découvrir cette ville magnifique. A peine arrivés à la réception de l’hôtel, le personnel nous invite très gentiment dans un salon pour boire du thé chaud.

C’est l’occasion de retrouver les autres coureurs portant fièrement leur médaille de Finisher. C’est le bonheur !

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La fatigue et l’épuisement se font sentir sur son visage

Voilà, c’est terminé, certainement le marathon le plus difficile pour moi (le 16ème). Mais rien à dire, Boston restera gravé a jamais avec un scénario incroyable et une fin digne d’un film hollywoodien, de loin le meilleur moment..

This is The end !